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Deux études de cas

Étude du cas italien

PLANIFIER

  1. Quel élément était au cœur de la mission de l’intermédiaire dans le cadre du projet ? Par exemple, « faire en sorte que les employeurs changent de centre d’attention » ou « soutenir l’employé ».

L’objectif principal du projet Equal/Ex-æquo est de soutenir l’intégration et la réinsertion professionnelle et sociale de personnes handicapées mentales par le biais d’une approche axée sur le retour progressif aux conditions de vie normales après une période d’invalidité physique et psychologique. Le partenariat du projet est composé de différentes parties, comme l’agence locale pour la santé mentale, l’association des PME ainsi que plusieurs coopératives et associations sociales actives dans le secteur de l’éducation. Le cœur du projet consiste à aider les personnes atteintes d’un handicap mental à trouver leur place sur le marché du travail et à persuader les employeurs que ces individus constituent des « ressources » pour leurs entreprises, c.-à-d. surmonter les préjugés contre le handicap mental.

  1. Quel type d’aptitudes était d’une importance cruciale pour que l’intermédiaire soit en mesure d’accomplir cette mission ?

Afin d’atteindre les objectifs du projet, deux rôles d’intermédiaires ont été créés : l’intermédiaire social et le tuteur en entreprise possèdent tous deux des aptitudes de base dans le domaine des troubles psychologiques et psychiatriques ainsi qu’une connaissance générale des techniques de communication interpersonnelle.

FAIRE

  1. Formation de l’intermédiaire

Les deux types d’intermédiaires ont suivi une formation sur les bases de la psychologie, les affections psychiatriques, l’aide réciproque, les techniques de communication ainsi que la législation sociale et du travail.

Les intermédiaires sociaux ont suivi 100 journées de cours de huit heures chacune, réparties comme suit : 540 heures de théorie et de pratique en classe, 200 heures de stage et 60 heures de développement de projet au cours du stage.

Les tuteurs en entreprises, des employés des entreprises accueillant les stagiaires, ont suivi une formation de 25 jours de cours, à raison de quatre heures par jour, le tout sur huit mois pour leur permettre de continuer à exercer leur fonction habituelle au sein de l’entreprise. Ce cours a été réparti comme suit : 48 heures de théorie et de pratique en classe et 52 heures au sein de l’entreprise.

ÉTUDIER et
CONTRÔLER

  1. Quelles difficultés ont rencontré les intermédiaires dans la pratique ?

Il est indispensable que toutes les parties impliquées soient vraiment motivées, prêtes à coopérer et à jouer leur rôle activement. L’entreprise devrait être consciente de sa responsabilité sociale et se sentir vraiment concernée par les objectifs du projet. Les intermédiaires sociaux et les tuteurs en entreprise doivent travailler dans de bonnes conditions : toutes les parties impliquées dans le projet, les stagiaires, les responsables des entreprises et les collègues sur le lieu de travail, doivent collaborer et apporter leur soutien.

Le groupe de projet voulait surtout favoriser l’insertion/intégration sociale et aider les stagiaires handicapés à devenir autonomes et plus indépendants (de leur famille). Le projet a répondus aux attentes : 32 personnes handicapées ont fait un stage dans l’entreprise. L’une d’entre elles a abandonné pour des raisons personnelles et une autre parce qu’elle avait trouvé un emploi dans une autre entreprise.

  • Les problèmes rencontrés au départ par les stagiaires sur leur lieu de travail ont été considérés comme des difficultés normales éprouvées par des personnes handicapées mentales qui commencent à exercer une nouvelle fonction.
  • Le groupe de projet a pu se rendre compte dans un cas concret que les intermédiaires doivent être conscients que les conditions mentales des stagiaires handicapés peuvent connaître une aggravation temporaire. Ce cas a montré que les problèmes familiaux peuvent jouer un rôle important dans le développement de tels problèmes de santé. Une action coordonnée et rapide s’est imposée. Cette action comprenait l’intervention de médecins et d’assistant sociaux de l’agence pour la santé mentale, d’intermédiaires sociaux et de responsables de l’entreprise pour soutenir le stagiaire et rassurer l’entreprise.

Les autres difficultés rencontrées sont les suivantes :

  • Dans le cas impliquant des manufactures, le fait qu’un même tuteur en entreprise se soit vu attribuer deux stagiaires a entraîné un ralentissement de la chaîne de production.
  • Dans le cas impliquant des intermédiaires sociaux, certaines entreprises se sont parfois plaintes de leur présence excessive sur le lieu de travail, alors que d’autres leur ont reproché le contraire.

AGIR

  1. Comment avez-vous fait face à ces difficultés ?
  • Nous avons appris que l’intermédiaire social devrait être plus au courant des problèmes rencontrés par les personnes handicapées au sein de leur famille et peut-être entrer en contact avec certains membres de la famille. Les compétences devraient être plus axées sur la situation familiale, à la fois d’un point de vue psychologique et sociologique.
  • Le groupe de projet s’est rendu compte qu’une relation individuelle entre le stagiaire et le tuteur est meilleure et plus productive qu’une relation impliquant un tuteur et un groupe de stagiaires au sein de l’entreprise. Le fait d’attribuer un tuteur à un stagiaire présente un double avantage en particulier : l’action du tuteur se concentre davantage sur les besoins et les caractéristiques spécifiques du stagiaire, lui fournissant un service ciblé, et leur relation, ressentie comme plus forte et plus proche par les deux parties impliquées, rend le stagiaire plus confiant quant à la réussite de son expérience professionnelle. Le fait que le stagiaire alterne entre différents départements s’est révélé une bonne stratégie pour encourager le processus de socialisation avec tous les employés et permettre au stagiaire d’accomplir et donc d’apprendre différentes tâches. Si, au début, le fait d’attribuer deux stagiaires à un même département a entraîné un ralentissement de la chaîne de production, l’option de la relation individuelle s’est finalement avérée aussi efficace.
  • Grâce à une phase de contrôle détaillée pendant laquelle nous nous sommes entretenus tant avec les intermédiaires qu’avec les responsables de l’entreprise, le groupe de projet s’est rendu compte que ces plaintes opposées quant à une présence trop ou pas assez importante sur le lieu de travail ne dépendaient pas de la durée de l’intervention des intermédiaires sociaux sur le lieu de travail, mais bien d’une « perception » différente en termes d’utilité du rôle des intermédiaires, comme l’ont exprimé des responsables de l’entreprise. C’est surtout quand le stagiaire handicapé ne rencontrait aucun problème dans l’exercice de sa fonction que la présence des intermédiaires sociaux était ressentie comme importune et parfois même comme une charge, tandis que dans les cas d’insertions professionnelles problématiques, les responsables de l’entreprise ont estimé que les intermédiaires sociaux n’étaient pas suffisamment présents étant donné que leur rôle était vraiment indispensable au sein des entreprises. Pour finir, nous nous sommes rendu compte, en tant qu’équipe de projet, que le rôle et les fonctions de l’intermédiaire social ne peuvent être standardisés comme des choses figées et prédéterminées mais doivent s’adapter au cas par cas.

 

Avez-vous modifié le rôle de l’intermédiaire ?
Le rôle d’intermédiaire a subi, et subit encore, des changements et des ajustements qui contribueront, à la fin du projet, à une définition réelle de ce rôle professionnel et de ses compétences et capacités appropriées. Si, d’une part, les intermédiaires sociaux ont été formés comme des spécialistes dans leur domaine, ils possèdent d’autre part des connaissances de base sur des questions très complexes liées à la psychologie et à la maladie psychiatrique. Aucune méthodologie codifiée à l’attention des intermédiaires sociaux n’était d’application quand nous avons lancé le projet. Chacun a donc interprété librement son rôle en fonction d’une approche personnelle. Au sein de notre groupe de projet, un groupe d’experts rassemble les bonnes pratiques en vue d’établir un modèle pouvant être reproduit, expérimenté et intégré, avec les ajustements nécessaires, et finalement diffusé au niveau européen.

Étude du cas polonais

PLANIFIER

  1. Quel élément était au cœur de la mission de l’intermédiaire dans le cadre du projet ? Par exemple, « faire en sorte que les employeurs changent de centre d’attention » ou « soutenir l’employé ».

La mission principale de l’intermédiaire au sein du projet ZORON est de soutenir l’emploi de personnes handicapées dans des entreprises couvertes par le projet et de changer les attitudes face au employées handicapées. Par conséquent, le rôle d’intermédiaire mentionné ci-dessus se concentre sur l’initiation et la reproduction de tâches comme :

  • l’identification des obstacles lies à l’environnement (escaliers, toilettes, modes de communication et postes de travail) ;
  • l’introduction d’une réglementation anti-discrimination dans les règles de l’entreprise et les procédures liées aux exigences ;
  • la mise en œuvre de procédures de gestion du handicap  sur le lieu de travail ;
  • la promotion de l’acceptation par le management et le personnel de personnes handicapées (aller à l’encontre des préjugés) ;
  • l’apport d’informations sur la législation et le soutien apporté par le gouvernement dans la lutte contre les obstacles, pour la promotion de la législation anti-discrimination et l’établissement de règles pour l’égalité des chances.
  1. Quel type d’aptitudes était d’une importance cruciale pour que l’intermédiaire soit en mesure d’accomplir cette mission ?

Le rôle d’intermédiaire est confié aux syndicalistes travaillant dans les entreprises couvertes par le projet ZORON. Ces derniers connaissent les particularités et la structure de l’entreprise et les personnes « internes » à l’entreprise ont plus d’influence pour atteindre les objectifs du projet. Les compétences suivantes étaient attendues de la part des syndicalistes sélectionnés pour le projet : la persuasion, l’expérience et les réalisations au travail en tant que syndicalistes, la persévérance et la réussite dans l’exécution des tâches données.

FAIRE

  1. Formation de l’intermédiaire

Les intermédiaires sélectionnés ont suivi une formation et ont participé à des ateliers (deux cycles de formation de deux jours chacun et 4 séminaires – conférences et ateliers). Les cours se concentraient sur les sujets suivants :

  • la transmission des connaissances sur la législation relative à l’emploi des personnes handicapées ;
  • l’explication de méthodes de reconnaissance des signes de discrimination ;
  • un questionnaire à l’attention des entreprises, développé dans le cadre du projet ZORON, fournit à l’intermédiaire les informations indispensables à la planification d’activités ultérieures pour lutter contre les obstacles rencontrés par les personnes handicapées au sein de l’entreprise. Pendant le cours, les intermédiaires apprennent à utiliser cet outil, à analyser les résultats et à établir un plan d’action approprié en fonction des résultats.

ÉTUDIER et VÉRIFIER

  1. Quelles difficultés ont rencontré les intermédiaires dans la pratique ?

Les intermédiaires ont été confrontés à des obstacles lorsqu’ils ont souhaité modifier la réglementation et les procédures au sein de l’entreprise. Le changement de ces règles et procédures devait garantir une culture d’égalité au sein de l’entreprise. Les intermédiaires ont pu accomplir cette tâche mais cela a demandé beaucoup plus de temps et d’efforts que prévu. Exemple : pour que l’environnement soit accessible, les intermédiaires ont dû lutter contre des obstacles liés à l’architecture. Ils ont également été confrontés à différents problèmes d’ordre pratique : annulation de plans pour lutter contre les obstacles liés à l’architecture, remboursement des dépenses pour ces constructions. Les problèmes ont été résolus, mais la réalisation des plans a pris bien plus de temps que prévu.

AGIR

  1. Comment avez-vous fait face à ces difficultés ?

Avez-vous modifié le rôle de l’intermédiaire ?
Au sein du projet ZORON, le rôle d’intermédiaire dépend des syndicalistes actifs dans l’entreprise. Le projet n’a aucune influence sur la sélection des intermédiaires. L’objectif du projet n’est pas de sélectionner les bonnes personnes capables d’améliorer la position des personnes handicapées sur le marché du travail, mais bien de former les syndicalistes sur la possibilité de réserver des postes pour les personnes handicapées, sur la possibilité d’employer ces personnes et de surmonter les obstacles psychologiques des employeurs et des employés, et ce en leur fournissant les connaissances et les informations pratiques nécessaires : réunions, discussions, conversations directes avec les employeurs et les employés d’une entreprise ; surmonter les obstacles environnementaux et autres (exemple : employer des interprètes en langue des signes).

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